Lettre ouverte de Nicole Pimont, fille de Marie-Jeanne Vincent à sa mère – 08/06/2017

J'avais évoqué à plusieurs reprises le passé bouffeurs de curés des candidats CIVITAS de Calais, voici la confirmation par la fille de Marie-Jeanne Vincent dans une très belle lettre que je vous invite à lire dans son intégralité !

Moi, Nicole Pimont, née le 17 octobre 1987 à Calais, souhaite aujourd'hui témoigner de mon ressentiment et de mon indignation face à l'engagement de ma mère, Marie-Jeanne Vincent.

Je ne peux que tomber des nues face à ce nouvel élan politique qui se double d'une ferveur religieuse que je ne te connaissais pas... Jusqu'à présent.

J'ai grandi au sein d'une famille où, enfant unique, j'ai pu allégrement profiter d'une éducation riche en réflexions sur le plan intellectuel, social, voire politique.
Une famille où les mots "humanisme, ouverture et tolérance" étaient maintes fois employés.
Une famille dont je ne chéris aujourd'hui que le souvenir.

Toi qui m'as élevée (ne mâchons pas les termes) dans un anticléricalisme primaire, doublé d'une position politique que tu as toujours su parfaitement exprimer (en usant à tout va le mot "Anarchie", entre autre...), toi qui n'as eu de cesse de me convaincre qu'il fallait abhorrer tout ce qui peut entraver la saine condition des hommes et des femmes, toi la femme, toi la mère, toi l'esprit qui m'a aidée à m'ouvrir au monde et à penser... Qu'est-il donc arrivé à celle que jadis je respectais?
Nous n'étions pas d'accord, et quand bien même je riais jaune en t'entendant conspuer l’Église (je n'ai jamais aimé les extrêmes...), je tolérais ce qui m'apparaissait découler d'une intense réflexion, je tolérais ce qui avait du sens...

Forte d'une éducation lettrée et réfléchie, enrichie socialement et intellectuellement par mon enfance, je n'ai d'autre désir aujourd'hui que celui d'exprimer mon complet désaccord avec ce volt-face bouleversant.
Mes motivations sont éminemment personnelles mais néanmoins politiques.

J'ai l'injustice et le mensonge en horreur, c'est bel et bien ce dernier qui requiert mon attention à l'heure où je rédige cette lettre.

Il te semble aisé d'user des artifices de communication d'un système à l'agonie, encore faut-il assumer de renier, de cacher ou de travestir la réalité.

L'image est capitale quand on s'inscrit dans le système, ainsi lorsque tu te présentes -dans la lignée de ce que l'on attend de ton "parti" (oui, je considère le terme discutable)- comme une mère de famille, je m'interroge. Si pour vous, catholiques, le schéma familial est d'une telle première importance, je serais alors la première à m'interroger sur la légitimité de cette position.
Rappelons ici que tu as en ton temps ruiné ledit schéma. Je ne connais pas votre position au sein de Civitas en ce qui concerne le divorce et l'abandon de ses propres enfants, et quand bien même le raccourci personnel semblerait quelque peu bâtard, la contradiction qui en découle n'en est que plus flagrante.

La liberté d'expression ne justifie pas l'incitation à la haine. 
Sous couvert de légalité, tu défends ta propre personne sans considérer les conséquences des affiliations extrémistes du mouvement que tu représentes.

S'il s'agissait d'une mascarade, il aurait été de bon ton de savoir s'arrêter à temps. Or, et ce malgré la délation dont tu dis être victime (encore une fois l'argument de la légalité me laisse perplexe au regard de la réalité historique et factuelle), tu n'as pas su prendre en considération les tragiques répercussions qui découlent sobrement du flot de merde inqualifiable que génère Civitas et consorts.

C'est suite à ces répercussions que je souhaite exprimer ma plus profonde sympathie et mon entier soutien à Manon, Alexandre et Théo.

Si lutter contre l'intolérance et la haine se doit de passer par l'illégalité ou la délation (que j'appellerai plus volontiers ici "prévention"), alors qu'il en soit ainsi.

Je soulignerai pour conclure que je suis soulagée de porter un autre nom que le tien et que je ne souhaite en aucune façon être affiliée à ta personne.

Nicole Pimont.